Province de Paris des frères Carmes Déchaux

St Jean de la Croix

Saint Jean de la Croix est une très grande figure sur le plan littéraire et spirituel. Celui qui a été nommé le Docteur mystique reste profondément associé à sainte Thérèse d’Ávila avec qui il a rénové le Carmel. Il a été l’un des deux premiers carmes déchaux et a fondé en 1568 le premier couvent des frères, à Duruelo en Castille. Béatifié en 1675 et canonisé en 1726, il a été proclamé Docteur de l’Église en 1926. En 1952, il devient le patron des poètes espagnols. Son influence est considérable, notamment sur d’autres figures désormais plus connues que lui, comme sainte Thérèse de Lisieux qui a trouvé tant de lumières dans ses écrits.

Saint Jean de la Croix : son histoire

Juan de Yepes (Jean de la Croix ) naît en 1542 à Fontiveros, en Castille, dans une famille de pauvres tisserands. Après la mort du père et du second frère de Jean, la famille s’installe à Medina del Campo pour sortir de la misère. Jean y entre chez les carmes à l’âge de 21 ans, sous le nom de frère Jean de Saint-Matthias. Il fait ensuite ses études de théologie à Salamanque où il est ordonné prêtre en 1567. De retour à Medina del Campo, il y rencontre Thérèse de Jésus qui vient d’y fonder un deuxième monastère de carmélites déchaussées.

En ce jeune religieux habité d’un grand désir spirituel, ­Thérèse d’Ávila ­reconnaît l’homme providentiel que le Seigneur lui associe afin de susciter dans la branche masculine du Carmel un ­renouveau ­analogue à celui qu’elle a initié parmi les carmélites. C’est ainsi que, le 28 novembre 1568, à ­Duruelo, Jean et quelques ­compagnons fondent le premier couvent de carmes déchaux. Il se nomme ­dorénavant frère Jean de la Croix.
En 1572, Thérèse appelle Jean à ­Ávila comme confesseur des carmélites de ­l’Incarnation. ­Malheureusement, une opposition violente se fait jour et se déchaîne contre la Mère Thérèse et son œuvre. Dans ce contexte difficile, Jean est enlevé et ­séquestré pendant neuf mois au couvent des carmes de Tolède, dans des ­conditions ­terribles. ­Pourtant, ce ­moment d’abandon est pour lui le ­creuset d’une ­expérience mystique qui devient source : alors qu’il est ­dépouillé de tout, Jean expérimente que le Christ ­crucifié et ­ressuscité devient son tout. En août 1578, il parvient à ­s’évader. Rapidement, il gagne l’Andalousie où il vivra dix ­années ­fécondes en missions, apostolat et écriture spirituelle.

À 46 ans, Jean est envoyé à Ségovie avec de hautes ­responsabilités. Mais des rivalités émergent dans le Carmel déchaussé et il est ­dépouillé de toutes charges. Jean demande à se retirer dans la ­solitude. Une infection l’emporte en quelques mois. À Ubeda, le 14 décembre 1591, il quitte ce monde. Canonisé en 1726, il est déclaré Docteur de l’Église en 1926. Ce grand poète a écrit quatre traités : le Cantique Spirituel, la Montée du Mont ­Carmel, la Nuit ­Obscure et la Vive Flamme d’Amour. Le « Docteur ­mystique » ­enseigne comment nous laisser embraser du feu de l’Esprit Saint pour participer de la vie divine ; il nous guide à travers nos nuits jusqu’à l’union d’amour de la Trinité.

Les plus belles citations de Saint Jean de la Croix

Où t’es-tu caché, Bien-Aimé, / Me laissant toute gémissante ? / Comme le cerf, tu t’es enfui, / M’ayant blessé ; mais à ta suite / En criant, je sortis. / Hélas, vaine poursuite ! (CSA 1)

« Il faut savoir que Dieu se trouve dans chaque âme, serait-ce celle du plus grand pécheur du monde, qu’il y demeure et l’assiste substantiellement.
Cette sorte d’union existe toujours entre Dieu et toutes les créatures, puisqu’il leur conserve l’être qu’elles possèdent ; et s’il ne leur était pas présent de cette manière-là, elles tomberaient dans le néant, et cesseraient d’exister.
Quand donc nous parlons de l’union de l’âme avec Dieu, nous n’avons pas en vue cette union qui existe en fait avec toutes les créatures, mais l’union de l’âme avec Dieu et sa transformation avec lui par l’amour, qui n’existe pas toujours, mais seulement quand il y a ressemblance par amour. » (MC II,4)

 » La disposition de l’âme au milieu des sécheresses et du vide de ses puissances est d’avoir, d’une façon habituelle, la sollicitude et le soin de plaire à Dieu ainsi qu’une peine et une crainte de ne pas le servir. Or, ce n’est pas un sacrifice peu agréable à Dieu que celui d’une âme qui souffre et qui est pleine de sollicitude par amour pour lui. » (NO p. 523)

Les retraites avec Saint Jean de la Croix