Né dans une famille pauvre, Lucien Bunel affirme très tôt sa volonté de devenir un « grand Monsieur le Curé ». Très vite, il s’engage avec enthousiasme au service des autres et développe ses talents d’éducateur. Ordonné prêtre diocésain le 11 juillet 1925, il rejoint en 1931 l’ordre des Carmes Déchaux et reçoit son nom de religion : Père Jacques de Jésus. Il fonde en 1934 à Avon le Petit-Collège Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il y met en œuvre des méthodes pédagogiques modernes et novatrices basées sur la confiance ; elles visent à développer la responsabilité des enfants. La montée du régime nazi le blesse profondément. Engagé dans la Résistance, il fait du collège un lieu d’hébergement et de transit pour de nombreux réfractaires au STO, des résistants et des Juifs.
En février 1943, il accueille au collège trois enfants juifs. Suite à une dénonciation, la Gestapo envahit le collège le 15 janvier 1944. Les trois enfants et le Père Jacques sont arrêtés. Il a cette ultime parole : « Au revoir les enfants, continuez sans moi. » Les enfants périrent à Auschwitz. Le Père Jacques est déporté en Allemagne à Mauthausen-Gusen. Là encore, il témoigne en actes de la dignité de tout homme, comme le raconte Jean Gavard : « Quand on rencontrait le Père Jacques, on n’avait plus honte d’être un homme… C’était un homme qui vous réconciliait dans la guerre avec l’espèce humaine ». À la libération du camp par les Américains, il est élu comme représentant au Comité
international des Déportés. Épuisé, il s’éteint le 2 juin 1945. Il sera enterré au couvent d’Avon, là où il avait fondé son si précieux collège.