Province de Paris des frères Carmes Déchaux

Carême – l’Oraison : Introduction : l’appel à la conversion

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret  » (
Mt 6,1-18)


L’Église nous propose trois manières d’entrer dans le renouvellement spirituel par la prière, le jeûne et le partage. Par ces moyens, nous pouvons actualiser la grâce filiale déjà reçue lors de notre baptême et revenir à l’essentiel : la joie d’être enfants d’un Dieu qui nous aime.
Sachons tirer parti de ce temps privilégié pour nous renouveler intérieurement afin de redire avec Jésus notre OUI au Père.

Bonne entrée en Carême !

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu – Mt 6,1-18

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. (…) Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

La conversion, un engendrement

Avec la célébration du mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême, qui nous prépare à la joie de Pâques. C’est un temps privilégié pour nous renouveler intérieurement, pour nous aider à redire avec Jésus notre oui au Père. Vous savez que traditionnellement, l’Église nous propose trois manières d’entrer dans ce renouvellement spirituel par la prière, le jeûne et le partage. Au début du Carême, les textes de la liturgie présentent et développent l’un ou l’autre de ces trois points et nous invitent ainsi à la conversion, c’est-à-dire à se tourner vers le Seigneur. Ces mêmes textes liturgiques nous offrent deux figures exemplaires pour ce temps de Carême : l’exode du peuple juif de l’Égypte vers la terre promise et le temps du désert pour Jésus avant de commencer son ministère qui le conduira à sa Passion.

Nous sommes invités à refaire spirituellement cet exode d’une terre d’esclavage à une terre de bénédiction et à suivre Jésus qui nous ouvre le chemin de la vraie vie. Nous découvrons une expérience spirituelle figurée par le peuple juif et assumée par Jésus. Cette constatation nous invite donc à prendre au sérieux le chemin de foi que nous propose l’Église : quel pèlerinage spirituel ai-je à faire durant ces jours qui me conduisent vers Pâques ? Par quel renouvellement intérieur serais-je capable d’accueillir plus pleinement le don de la vie qu’est la résurrection de Jésus ?

L’évangile du jour des Cendres nous rappelle les trois efforts particuliers du Carême, à savoir la prière, le jeûne et le partage. Et Jésus souligne particulièrement la nécessité d’accomplir ces œuvres dans la discrétion ; il s’agit avant tout d’être vu par le Père, et non par les hommes. Car, ce qui importe ce n’est pas ce que les gens pensent de nous, mais notre capacité à répondre à l’amour du Père. En effet, ces trois efforts ne visent pas à réaliser des exploits dont nous pourrions nous satisfaire et qui, vus des autres, nous donneraient un peu de gloire. Ces trois attitudes ont pour but essentiel de nous renouveler dans notre alliance avec le Seigneur, d’actualiser le don qu’il nous fait, à savoir la grâce de pouvoir devenir ses fils par Jésus-Christ et dans la puissance de l’Esprit Saint. C’est là notre vocation fondamentale, et vouloir se convertir, c’est en définitive vouloir devenir réellement fils et filles de Dieu. Et c’est pour cela que l’Église nous propose ces trois points d’attention durant le Carême afin de nous aider à devenir réellement fils de Dieu.

Les trois modalités de la conversion

On le comprend facilement avec la prière. En effet la prière est le lieu où nous entrons en relation avec Dieu. Nous vivons un temps d’intimité avec lui, un dialogue filial. En tant que fils, c’est notre joie de pouvoir partager cette intimité divine, car nous ne sommes pas d’abord des serviteurs du Seigneur, voués uniquement à travailler pour Lui. En prenant le temps de la gratuité de la relation, en sachant perdre du temps avec notre Père, nous lui redisons notre amour filial, notre désir de vivre avec Lui.

Avec le jeûne, nous reconnaissons qu’en tant que fils, nous tenons la vie de notre Père, nous ne sommes pas à l’origine de notre existence. Nous avons été créés par Dieu et pour Lui. Il est celui qui donne du sens à notre vie, puisque nous venons de lui et que nous retournons à lui. En nous privant de nourriture, nous reconnaissons que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur. Et comme Jésus nous voudrions pouvoir dire que notre nourriture substantielle est d’accomplir la volonté du Père.

Enfin avec le partage, nous reconnaissons que cet appel de Dieu à devenir ses fils s’adresse à tous les hommes, et par conséquent que nous sommes tous frères. Les biens de la terre n’appartiennent pas exclusivement à ceux qui les possèdent aujourd’hui, mais ils sont destinés au bien de toute l’humanité. « S’il est vrai que toute notre vie est un temps pour semer le bien, profitons particulièrement de ce Carême pour prendre soin de nos proches, pour nous rendre proches de ces frères et sœurs blessés sur le chemin de la vie » (François, message de Carême 2022).

Chacune des trois modalités de ce pèlerinage spirituel du Carême mériterait notre attention et elles sont liées entre elles. Chacune est une porte d’entrée vers ce renouvellement intérieur. En pratiquant l’une ou l’autre en vérité, nous serons conduits sur un chemin de conversion profonde. Mais durant cette retraite, nous sommes invités à mieux comprendre l’un de ces trois chemins : la prière. Pourquoi ce chemin de la prière est-il aussi fondamental, avec le jeûne et la charité, pour accueillir le don de la vie de Pâques ? Si l’essentiel du message chrétien est la charité fraternelle, « aimez-vous les uns les autres », alors la prière n’est-elle pas seconde, voire secondaire ?

Avec cette retraite, nous vous proposons de redécouvrir ce que le Seigneur nous propose comme Alliance, quel est son appel. C’est dans le cadre général de notre vocation chrétienne que nous pourrons alors déterminer la place de la prière dans notre vie de baptisés. Nous découvrirons que l’oraison est un chemin pour vivre notre vocation filiale : accueillir le don premier du Père qui suscite notre réponse, notre oui, par lequel il peut transformer notre vie en une action de grâces pour être devant Dieu avec Jésus au nom de tous nos frères et sœurs.

 

Itinéraire de cette retraite de Carême

Au long des semaines du Carême, nous essaierons de comprendre comment l’oraison, la prière personnelle silencieuse, est un chemin pour vivre et accomplir notre vocation filiale :

  • 1ère semaine : Jésus nous apprend les attitudes filiales
  • 2ème semaine : Dans l’oraison, accueillir l’amour du Père
  • 3ème semaine : Recevoir l’invitation du repos en Dieu
  • 4ème semaine : Se recueillir, ce que nous pouvons faire
  • 5ème semaine : Choisir de persévérer dans la prière
  • Semaine Sainte : Vivre l’obéissance eucharistique
  • Pâques : La prière missionnaire et sacerdotale

Fr. Antoine-Marie Leduc, ocd (couvent d’Avon)

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Introduction : l'appel à la conversion