Province de Paris des frères Carmes Déchaux

Carême 2026 – Semaine 4 : voir avec les yeux de Marie

« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Jn 9,15

Dans l’Évangile de Jean (chapitre 9), Jésus applique de la boue sur les yeux de l’aveugle-né. Ce geste révèle le mystère de l’Incarnation : en prenant chair de notre « boue », le Nouvel Adam vient guérir notre regard blessé et nous redonner la vraie vision de Dieu — un regard confiant et filial.

Voir vraiment ne consiste pas à décider par nous-mêmes du bien et du mal, mais à recevoir la lumière de Dieu. Saint Jean de la Croix parle de la « nuit passive » : ce temps où Dieu purifie notre cœur pour nous apprendre à dépendre de Lui seul. « Dieu est la lumière de l’âme ; quand celle-ci ne l’éclaire pas, elle est aveugle. »

Ainsi, la vraie relation à Dieu ne repose pas sur notre intelligence, mais sur notre capacité à nous laisser illuminer par sa miséricorde.

Laissons-nous façonner par cette lumière pour apprendre, ensemble, à voir avec les yeux de Marie.

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Semaine 4 : Voir avec les yeux de Marie

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38)

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant car il était mendiant dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

De l’aveuglement à la vision :
l’Incarnation rédemptrice et la miséricorde de Dieu

Nous voici en présence d’un Évangile très émouvant et dramatique. Un aveugle de naissance, quelqu’un qui ne voit plus la lumière. Symboliquement, cet aveugle représente toute l’humanité devenue aveugle depuis Adam. En effet, Jésus veut le guérir avec cette « boue » (v.6) qui, jadis, servit à pétrir Adam. Mais ensuite, il faut que cet aveugle se lave à la piscine de Siloé, c’est-à-dire qu’il se plonge en Jésus, « l’Envoyé ». Ainsi, nous assistons à une véritable recréation. Car Jésus « crache à terre » (v.6) avec son souffle, ce « souffle » divin déjà présent lors de la création et que Dieu insuffla en Adam. Alors, ce souffle de Jésus, qui n’est autre que l’Esprit-Saint, se mêle à la terre pour un remodelage : cet aveugle est mêlé à Dieu par le mystère de l’Incarnation rédemptrice. Cette action, bien entendu, se réalise par Marie, puisque l’Esprit-Saint, le souffle divin, a insufflé le Verbe dans sa chair. À travers Marie, tous ses enfants aveugles sont recréés.

Mais quel est le lien entre ce remodelage et la cécité ? Pour le comprendre, il nous faut considérer la question que ne cessent de poser les parents, les autorités religieuses et les proches de l’aveugle : « Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Cette question nous ramène de nouveau au récit de la création et, plus précisément, à celui de la « chute originelle ». Le récit de la chute originelle, raconté dans la Genèse, fait cette remarque : « Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils virent qu’ils étaient nus » (Gn 3,7). Avoir les yeux ouverts, c’était la promesse du tentateur, le démon : « Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3,5). Pour le démon, « voir » c’est connaître et décider où se trouve le bien et le mal, en surplombant ce bien et ce mal par la raison, comme des dieux et à la place de Dieu. Il s’agissait donc de manger ce « fruit » suspendu sur l’arbre de la connaissance du bien et du mal, « puisqu’il donnait l’intelligence » (Gn 3,6). Le texte révélé souligne que ce processus de « vision » est double. En effet, en même temps que la vision du bien et du mal, les yeux d’Adam et Ève « s’ouvrirent et ils virent qu’ils étaient nus » (Gn 3,7). C’est-à-dire qu’en devenant aveugles sur le bien que Dieu veut, ils se rendent indépendants de Lui. Alors, leur « nudité », c’est-à-dire, selon le sens du terme hébreu, leur vulnérabilité, ne se voit plus recouverte par la miséricorde divine. En revanche, leurs yeux (leur conscience) se ferment à la confiance de la foi ; dès lors, Dieu est vu comme celui dont il faut se protéger en se cachant : « J’ai pris peur parce que je suis nu et je me suis caché » (Gn 3,10). Aussi, Jésus qui applique de la boue sur les yeux de l’humanité aveugle, c’est le mystère même de l’Incarnation rédemptrice. En prenant chair de notre « boue », le Nouvel Adam vient nous redonner la vraie « vision », le vrai regard porté sur Dieu : une vision confiante et filiale, sans décider à sa place où se trouve pour nous le bien et le mal.

Notre texte évangélique souligne que cet homme était « mendiant » (v.8). Cette mendicité est bien l’état de l’Adam pécheur, réduit à « mendier » le pardon divin et la grâce divine. Pour être guéri, il doit donc prendre conscience de son péché ; il doit « voir » la « boue » de celui-ci. C’est ce qu’accepte de faire l’aveugle avec cette boue collée à sa vue. À l’inverse, les orgueilleux pharisiens se refusent à une telle attitude. Ils surplombent rationnellement la loi morale (le bien et le mal), excluant toute miséricorde, d’abord à leur égard — puisqu’ils estiment qu’ils n’en ont pas besoin —, puis à l’égard des autres qu’ils condamnent systématiquement. C’est ce que leur dit Jésus : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure » (v.41). Les pharisiens « voient » comme le démon, c’est-à-dire pour accuser et condamner, en se mettant au-dessus des autres : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance et tu nous fais la leçon ? » (v.34). Cette attitude de suffisance nous guette tous. Elle découle d’une religiosité rationalisée et moralisante, fermée et donc aveugle sur le vrai visage du Dieu de miséricorde, ce Dieu qui se mêle à notre boue pour nous remodeler. Ce visage divin, c’est tout simplement et magnifiquement le visage de Jésus. Il rend aveugles les pharisiens suffisants, et il redonne la vue à l’aveugle mendiant : « Crois-tu au Fils de l’homme ?… Tu le vois, c’est lui qui te parle ». Il dit : « Je crois, Seigneur ! » et il se prosterna devant lui (v.35-38). On passe d’un « voir » distancié à un « voir » de communion.

L’état d’esprit que Jésus dénonce ici, mais qu’Il veut en même temps guérir, c’est ce que Jean de la Croix nomme l’orgueil spirituel. Il en parle longuement au début de son traité de la Nuit obscure. Posant son regard d’accompagnateur spirituel sur ceux qui s’aveuglent eux-mêmes dans le pharisianisme, Jean les dénonce ainsi : « Vous les verrez très satisfaits d’eux-mêmes et de leurs œuvres. Ils blâment les autres, comme le pharisien qui méprise le publicain. » (NO 1,2,1). Pour nous guérir de cette attitude, Jean a synthétisé sa doctrine dans son célèbre schéma du Mont-Carmel. Arrêtons-nous sur ce dessin très éclairant. Nous y voyons l’ovale d’une montagne dont trois chemins proposent l’accès vers le sommet. Ce sommet symbolique, c’est la perfection de l’union au Dieu d’Amour miséricordieux. Ce sommet touche donc le « Ciel ».

Le chemin de gauche est celui du « chemin de l’esprit imparfait », qui recherche l’accès au Ciel dans un esprit de suffisance pharisienne, un esprit propriétaire. Le chemin de droite, quant à lui, est celui de l’esprit imparfait qui recherche les biens de la terre avec la même suffisance et convoitise, dans un esprit de propriété. Aucun de ces deux chemins ne mène au sommet. Pourquoi ? Parce que le Ciel, comme la terre, sont un pur don de Dieu. Aussi, toute attitude captative qui veut saisir Ciel et terre comme un dû se ferme à la pure réceptivité du « mendiant ». Fermer la main, c’est-à-dire le cœur ou l’esprit, sur le don, c’est en même temps passer du regard de communion au regard distancié ; c’est fermer les yeux face au don gratuit de la miséricorde. En un mot : c’est devenir aveugle. Pour recevoir le don de Dieu, il ne reste que le chemin qui est au milieu de la montagne. C’est le « sentier de perfection ». Pour le gravir, il ne faut « rien » (Nada, c’est le terme employé par notre auteur) s’approprier. Au pied de la montagne, Jean écrit un court texte qui se conclut ainsi : « Dans cette nudité l’esprit trouve repos. Ne convoitant rien, rien ne le fatigue en haut [le Ciel], rien ne l’opprime en bas [la terre], car il est au centre de son humilité ». Dans la nudité de l’esprit, nous retrouvons la nudité d’Adam. Accepter de « tout » (Todo, écrit Jean) recevoir, Ciel et terre, comme un pur don, c’est finalement accepter de tout mendier, comme notre aveugle. Alors, l’Adam nu est de nouveau revêtu par les dons gratuits de Dieu. Par cette attitude, nous acceptons de perdre le « voir » captateur, qui, se fermant sur les dons, ferme aussi les yeux de notre cœur. En revanche, nous retrouvons la vraie vision pour « voir » la miséricorde du Père présente en Jésus, miséricorde qui nous comble de tout.

 

Marie et le Christ : la vraie vision au cœur de la miséricorde

À vrai dire, pour Jean de la Croix, seul Dieu peut nous redonner cette pauvreté ou nudité spirituelle. C’est ce qu’il nomme la « nuit passive », c’est-à-dire que seule la présence de Jésus, accueillie dans notre cœur, peut nous redonner cette pure attitude filiale. Alors, l’attitude d’Ève, inspirée par le diable et qui consista à « prendre » le « fruit » par la seule rationalité, devient un « recevoir » Jésus, le Fruit-Nouveau, par le cœur. En ce sens, la parole de Saint-Exupéry est toujours aussi juste : « On ne voit bien qu’avec le cœur ».

L’attitude captative d’Ève a été guérie par l’attitude de réceptivité de Marie. La piscine de l’Envoyé où il faut nous plonger, c’est donc elle, Marie : elle qui, la première, a reçu le Nouveau-Fruit : Jésus, qui s’est plongé en elle par l’Incarnation. Parce qu’elle est la plus pauvre, la plus mendiante, elle est aussi la plus comblée, la plus sauvée, celle qui fait la plus belle expérience de la miséricorde. C’est ce qu’elle proclame elle-même dans son chant du Magnificat : « Mon esprit exulte en Dieu, mon Sauveur ! / Il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante ; / sa miséricorde s’étend d’âge en âge » (Lc 1,46-49). Marie laisse la miséricorde « jeter ses yeux » sur elle. C’est pour cela que son regard est immaculé : elle voit, dans la foi, le Sauveur Jésus. La foi confiante de Marie, c’est aussi celle de l’aveugle ; ce peut être aussi la nôtre.

Elle est l’inverse de l’attitude des pharisiens de notre évangile. Le regard confiant sur le Sauveur Jésus et son action, voilà ce que le diable a enlevé du cœur des pharisiens : « Ils ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir » (v.18). En dernière analyse, le péché des pharisiens est le refus d’accueillir un Dieu incarné venant toucher notre péché : « Il appliqua de la boue sur les yeux de l’aveugle » (v.6). Cette attitude est l’inverse de l’attitude mariale. En effet, Marie est celle qui accepte pleinement que le Verbe vienne se mélanger à sa glaise. Nous-mêmes devons accepter que Jésus vienne dans notre glaise ainsi que dans la boue de notre misère. Il le fait pour nous recréer. C’est alors que nous verrons, comme l’aveugle, que Dieu n’est pas le surveillant moralisateur que fabrique la raison des pharisiens, mais le Dieu fait « boue », fait homme, pour insuffler dans notre cœur son Esprit-Saint miséricordieux.

Dans la même optique que notre évangile sur l’aveugle de naissance, Jean de la Croix, dans son commentaire du chant de la « Vive flamme d’amour », souligne ceci : « Dieu est la lumière de l’âme (du cœur) ; quand celle-ci ne l’éclaire pas, elle est aveugle, même si sa vue est fort bonne » (VFB 3,70). Par ce texte, Jean veut nous dire que la vraie relation à Dieu ne dépend pas de la qualité de la « vue » de notre intelligence et de sa connaissance rationalisée du bien et du mal. En revanche, notre vraie relation dépend de notre capacité à nous laisser illuminer par la miséricorde.

En ce sens, Jean ajoute : « La cécité de l’âme, c’est son ignorance, et tant que Dieu ne l’a pas illuminée, transformée, elle reste aveugle par rapport aux biens de Dieu » (idem). Nous retrouvons dans cette affirmation la nécessaire passivité enseignée par le Saint, c’est-à-dire la réceptivité du mendiant. Seul le souffle de Jésus, mélangeant sa salive (le Verbe) à notre poussière, à notre misère, peut l’illuminer par la miséricorde Trinitaire. Ainsi, nous ne sommes plus « comme des dieux », ce que propose le serpent (le diable), mais nous sommes réellement enfants de Dieu en participant à sa vie intime. En Jésus et par Marie, nous devenons enfants bien-aimés du Père, dans le souffle de l’Esprit-Saint.

De fait, la connaissance dont parlent Jean l’évangéliste et Jean de la Croix est d’abord une expérience de rencontre vivante. C’est celle que firent Marie et l’aveugle de naissance. C’est aussi celle que fit Jean de la Croix, et à laquelle il nous invite. Il le fait par ses chants mystiques, par exemple dans quelques vers de la « Vive flamme d’amour » où nous retrouvons le thème de la cécité : « Ô lampes de feu ! Dans vos splendeurs / Les profondes cavernes sensitives / Jadis obscures et aveugles / Avec de singulières excellences / Donnent ensemble lumière et chaleur au Bien-Aimé » (VFB srt.3). Ici, Jean chante son émerveillement de voir, dans la lumière de la miséricorde, la profondeur de son cœur (symbolisé par la caverne), entièrement vide de sa suffisance pharisienne qui, « jadis », avait rendu ce cœur « obscur et aveugle ». Devenu mendiant et marial, ce cœur profond peut désormais réfléchir la lumière qui l’inonde. À partir du Père des lumières, de qui il reçoit « la lumière et la chaleur » de l’Esprit-Saint, ce cœur reflète vers le Christ-Époux (le Bien-Aimé) ces mêmes lumière et chaleur. L’épouse aime le Christ par l’Esprit-Saint. « L’âme, s’exclame Jean, est éclairée à l’intérieur des splendeurs divines, elle est transformée dans l’Esprit-Saint, ces lumières sont des jeux et des fêtes joyeuses. Oh ! que sentira donc cette âme qui expérimente ici la connaissance et la communication de cette lumière divine » (VFB str.3,16).

Il y a donc deux manières de regarder. Tout d’abord, le récit de la chute originelle nous indique : « La femme vit que l’arbre était séduisant et agréable à regarder » (Gn 3,6). À l’inverse, le prophète Isaïe a vu le futur Messie comme « une racine sans beauté ni éclat pour attirer nos regards » (Is 53,2). Voilà donc deux regards opposés : d’abord celui d’Ève, extérieur et captateur, puis, à travers le prophète, se profile le regard de Marie, intérieur et oblatif. Ce dernier est le regard de la Nouvelle Ève qui, au pied de l’arbre de la Croix, regarde dans la foi, l’espérance et la charité la « racine » si féconde, mais non séductrice, de son Fils crucifié. Le séducteur, le serpent démoniaque, est vaincu. Marie nous rend capables de contempler la beauté iconique de son Fils, aveugle (« Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ») et mendiant de miséricorde (« Père, pardonne-leur »). La beauté intérieure et oblative de Jésus et Marie nous ouvre les yeux sur tous les « aveugles » de notre entourage, qui ne voient pas encore la miséricorde. Il s’agit donc de vaincre la beauté idolâtrique du pharisien qui est en nous, celui qui cultive ces belles apparences « agréables à regarder » (Gn 3,6) pour les narcissiques spirituels…

Pour vaincre le serpent démoniaque, il nous faut regarder le « serpent d’airain », l’Époux mort d’amour. C’est encore ce que nous dit Jean de la Croix : « Le Père te dit : “Regarde mon Fils. En ce Fils de Dieu sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu. Ces trésors seront pour toi beaucoup plus sublimes et utiles que ce que tu veux savoir. Cela, comme l’apôtre l’a dit : ‘Je ne veux savoir qu’une chose, Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié’” » (MC 2 22 6). En nous appuyant sur ce beau texte sanjuaniste, nous pouvons conclure que, sur la Croix, Jésus est le Nouvel Adam nu. Mais il ne se cache pas comme l’Ancien Adam. Jésus est à l’aise avec sa vulnérabilité, car Il la remet à son Père et à sa mère. Cette « boue » de la vulnérabilité du Dieu fait chair, Marie l’applique sur les yeux de notre cœur en nous donnant Jésus. Dans la foi, seule Marie peut nous apprendre à « voir », dans le mendiant aveugle, son Fils Jésus, l’Amour-miséricordieux crucifié.

Frère Jean Honoré Sialelli, ocd (Fribourg)

 

Les méditations de la retraite avec Jean de la Croix